
« On ne savait pas que c'était Himmler, je savais seulement que c'était un prisonnier important. Quand il est entré dans la pièce, non pas la personne élégante que nous connaissons tous, mais en chemise de l'armée et en caleçon long, avec une couverture autour du corps, je l'ai aussitôt reconnu. Je lui ai adressé la parole en allemand, je lui ai indiqué un canapé libre et je lui ai dit : « Voilà votre lit, déshabillez-vous ». Il m'a regardé, puis il a regardé un interprète et il a dit « Il ne sait pas qui je suis ! » J'ai dit : « Si je sais, vous êtes Himmler et ceci est votre lit, déshabillez-vous ! » Il m'a regardé fixement, mais je lui ai rendu son regard, finalement il a baissé les yeux et s'est assis sur le lit et il a commencé à retirer ses caleçons. Le médecin et le colonel sont entrés, ils cherchaient du poison, nous le soupçonnions d'en dissimuler sur son corps. Le médecin a regardé entre ses orteils, partout sur son corps, sous ses bras, dans ses oreilles, derrière ses oreilles, dans ses cheveux et puis il est arrivé à sa bouche. Il a demandé à Himmler d'ouvrir la bouche, il a obéi et il arrivait à remuer la langue assez facilement. Mais le docteur n'était pas satisfait, il lui a demandé de se rapprocher de la lumière, il s'est approché et il a ouvert la bouche. Le docteur a essayé de lui mettre deux doigts dans la bouche pour mieux regarder. Alors Himmler a retiré la tête d'un seul coup, a mordu le docteur aux doigts et a cassé la capsule de poison qu'il contenait depuis des heures dans sa bouche. Le docteur a dit : « Il l'a fait, il est mort ». On a mis une couverture sur lui et on l'a laissé là. »
— Témoignage du sergent-major Edwin Austin
Rapatrié à Berlin, le corps de Heydrich a droit à des funérailles nationales, au cimetière des Invalides, orchestrées avec tout le décorum nazi. Heinrich Himmler salue tout d'abord « le caractère d'une rare pureté du défunt [qui] du plus profond de son âme et de son sang, a compris, réalisé et matérialisé la conception du monde d'Adolf Hitler ».
Après le SS-Reichsführer, c'est le Führer lui-même, Adolf Hitler, qui rend hommage au défunt : « Je n'ai que peu de mots à dédier à ce mort. Il était l'un des meilleurs nationaux-socialistes, l'un des plus vaillants défenseurs de l'idée du Reich allemand, et l'un des adversaires les plus résolus de tous les ennemis du Reich »[
« Ici où vivent depuis toujours ceux de notre sang, dans cette magnifique maison de Dieu, née d'un sûr sentiment germanique, sera un lieu de culte où les Allemands iront en pèlerinage (…) L'Homme après mille ans a repris avec une grandeur inouïe l'héritage humain et politique du roi Henri, notre Führer Adolf Hitler, nous le servirons fidèlement de nos paroles, de nos pensées et nos actes, pour l'Allemagne et pour la Germanie . »
— Discours de Heinrich Himmler, juillet 1936.